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LA SECU

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 09:51
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Définition du dictionnaire : TRAVAIL : Activité humaine de production de biens et/ou de services en échange d'un salaire. Activité régie par le Code du Travail.

Chacun de nous met une partie de lui-même dans son travail et c'est ce qui en fait sa richesse et sa diversité. Le document qui suit est une réflexion sur ce que contient ce mot travail,ce qu'il induit au quotidien tant dans sa diversité de situations mais aussi dans sa diversité de personnalités. Retrouver une logique de sens au travail collectif c'est écouter, comprendre et tolérer mais c'est aussi exiger le respect de chacun et l'équité pour tous. Nous espérons ouvrir un débat constructif et vos idées et remarques sont les bienvenues... Bonne lecture !

Plusieurs chapitres :

  1. la charge de travail
  2. la gestion du temps de travail
  3. le temps de travail
  4. la lutte contre l'absentéisme
  5. l'évaluation des risques professionnels

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  1. LA CHARGE DE TRAVAIL : C'est la combinaison de 3 volets

- la charge mentale : C'est le volume d'informations à retenir au cours de la journée de travail avec la capacité à gérer le flux et à maintenir des capacités psychiques et mentales tout au long du poste, c'est une compétence qui s'acquiert par l'expérience. Les interruptions, suivant leurs nature, n'auront pas le même effet sur les tâches effectuées, mais la répétition de ces interruptions impactent le travail et, dans le temps, il devient de plus en plus délicat de mémoriser simultanément les informations données, d'où un risque d'oublier une des tâches en cours : la peur de l'oubli existe et pèse sur le psychique des agents

- la charge émotionnelle : c'est la relation au patient, difficile à quantifier et totalement subjective. C'est la capacité à gérer les comportements (familles, patients..), c'est l'impact sur la vie personnelle car on est beaucoup moins tolérant une fois rentré à la maison, c'est la capacité à supporter les agressions verbales ou physiques, c'est aussi la reconnaissance du travail et le soutien apporté par l'entourage professionnel (l'entraide) : lorsque cette entraide n'est pas effectuée, les soignants en souffrent psychiquement. Si la charge de travail augmente, il y a souffrance du soignant de l'incapacité à donner plus de temps à l'écoute et aux soins avec une perte de sens au travail (source de pénibilité).

- la charge technique : elle concerne le nombre de patients en charge et leurs caractéristiques(âge, dépendance, pathologies..), c'est la relation entre le nombre de patients et le nombre d'agents pour s'en occuper, ce sont les moyens matériels mis à disposition, ce sont les soins, transcriptions, surveillances, c'est le soutien psychologique apporté aux patients et aux familles, le nombre de nursings, le nombre de brancardages (entrées, sorties, transferts...), le nettoyage des locaux et du matériel, les commandes de matériel, rangements, inventaires.....

CONCLUSION : Il est indispensable pour les agents de travailler sur la base d'une entraide car seule la régulation collective permet de répartir la charge de travail entre les agents.

2. LA GESTION DU TEMPS DE TRAVAIL : elle comprend l'organisation annuelle (ou cyclique) et l'organisation journalière. Il y a 5 principes dans la gestion du temps de travail :

- Nécessité d'une adéquation besoins/moyens : ne pas être en "tension" à certains moments et en effectif trop nombreux à d'autres

- Anticipation : la construction des cycles doit se faire sur la base de l'appréciation la plus précise des effectifs réels et raisonner en terme d'effectifs disponibles plutôt qu'en terme d'effectifs théoriques. Elle implique un travail conjoint de tous les acteurs (Directions, médecins, partenaires sociaux et équipes)

- Ajustement du cycle de travail et de la nature de l'activité du service : cela va induire de réfléchir à une variété de cycles et horaires de travail en fonction du caractère programmable (services de moyens séjours) ou imprévisible (urgences) de l'activité et de la pénibilité physique de l'activité.

- La régularité des plannings : C'est l'élément essentiel, indispensable à la bonne marche des services car l'irrégularité mène au développement de l'absentéisme, à l'usure professionnelle et à un sentiment de charge élevée, à une augmentation des accidents du travail, à des tensions dans l'équipe (agents de "bonne volonté"/agents refusant de remplacer de manière inopinée), à une perte d'attractivité, à des difficultés lourdes d'organisation de la vie hors travail, à la montée du sentiment perpétuel d'urgence. La lutte contre la perturbation des cycles programmés doit être considérée comme prioritaire (quantifier le nombre mensuel de rappels inopinés et identifier les temps de repos suffisants)

- L'organisation du lien entre offre et demande : pour fidéliser le personnel, il faut prendre en compte leurs attentes et leurs besoins, néanmoins la condition première est une réelle régularité des plannings et une recherche de qualité de vie au travail. Une triple réflexion est nécessaire : sur la variété des temps et des cycles de travail qui répondent à une variété d'attente des personnels, sur la gestion des "trajectoires" car avec la réforme des retraites, la question sur l'avancée en âge dans les métiers doit se poser avec la gestion de la seconde partie de carrière, enfin sur des "passerelles" avec des règles de mobilité assouplies au sein de l'établissement mais aussi entre les différentes fonctions publiques

CONCLUSION : il faut passer d'une logique de court terme de "proposition de poste" à une logique de long terme de "proposition de trajectoire" pour les agents

3. LE TEMPS DE TRAVAIL : de nombreux horaires sont en place et nous avons essayé de dresser une liste des attentes du personnel mais aussi de leurs contraintes et des conséquences et impact sur leur santé et leur vie au quotidien. certains personnels ont des RTT, d'autres non, certains ont des horaires en "coupé", certains sont en 12h et enfin certains sont de nuit. (Cette liste n'est pas limitative et nous vous invitons à nous faire remonter vos remarques). Pour certains la "grande semaine" donne l'impression de ne faire que travailler et rien d'autre (vie sociale décalée) et le jour de repos saute au profit du temps personnel avec une fatigue qui s'accumule. Il y a une vraie volonté de conserver une période de RTT à poser avec la "nécessité d'un assouplissement de la pose des congés annuels fractionnés en davantage de périodes qu'actuellement". La crainte du "planning au mois",avec la nécessité d'organiser les vies en dehors du travail (gardes d'enfants, crèches, gardes alternées...).

Les horaires atypiques : Le travail de nuit doit rester un choix car il comporte à lui seul des risques pour la santé avec des troubles du sommeil et de la vigilance(c'est le "crédit de sommeil"), des troubles digestifs, une prise de poids, une augmentation du risque de dépression et d'anxiété, des risques d'accidents de trajets (surtout si l'agent réside loin), par contre, cet horaire permet à ces agents de bénéficier d'un temps de vie sociale et familiale important et les trajets se font à des heures où le trafic routier est fluide.

Le travail en 12h comporte aussi de nombreux risques car augmenter le temps de travail c'est augmenter le temps où le corps doit être en "vigilance", augmenter les déplacements, augmenter les brancardages et augmenter les sollicitations mentales. Le gain de la semaine non travaillée n'est pas une semaine de congé mais une semaine de repos pour compenser la fatigue accumulée. Pour la nuit en commençant à 19h, les soignants se retrouvent dans un trafic routier dense (augmentation du temps de trajet) et travailler en 12h ne permet pas d'être en pleine possession de ses moyens tout au long de son travail. L'impact sur "l'efficience" (capacité d'un individu à obtenir un travail performant pour une tâche donnée) est important avec une érosion biologique liée à la longueur de la journée de travail(mais aussi avec l'avancée dans le temps). Parce qu'il est difficile de répéter des gestes avec la même dextérité alors que la fatigue s'installe, et mobiliser ses connaissances sur une durée aussi longue est un travail coûteux pour l'agent qui se fait au détriment de sa santé physique et psychique (pour l'équipe de nuit aux urgences, la fin de poste, de 6h à 7h, correspond à l'heure de l'afflux des usagers, de même pour l'équipe de jour, de 18h à 19h où il y a "pic d'activité" et où il faut puiser dans ses ressources physique et psychologiques). Le travail en état de fatigue est un facteur d'augmentation de la probabilité de survenue d'un accident du travail avec la diminution de la vigilance et une augmentation du risque d'AES, avec la diminution des ressources physiques et l'augmentation de la probabilité de TMS et de pathologies lombaires. L'irritabilité croît en parallèle de la fatigue physique, il y a augmentation du risque d'erreur (ralentissement des fonctions cognitives équivalents à une alcoolémie de 0.50g/l pour 17h de veille et ce risque est plus accentué la nuit ou après 40 ans). Enfin une augmentation du stress au travail lié à la crainte de faire une erreur notamment avec la baisse de la vigilance et de l'efficience sur des postes longs.

CONCLUSION : Nos horaires de travail induisent des "contraintes au travail" qui ne doivent pas devenir des "risques au travail". Les horaires atypiques doivent faire l'objet d'une réflexion collective mais aussi et surtout, d'une période d'essai obligatoire.

4. LA LUTTE CONTRE L'ABSENTEISME : De nombreux facteurs semblent jouer un rôle dans l'absentéisme et doivent être pris en compte: une perte de sens au travail (pourquoi je travaille), une fatigue et une usure du corps (avec l'avancée en âge dans les métiers pénibles), un sentiment de manque de reconnaissance de ses efforts, un manque de lisibilité sur l'avenir (sentiment qu'aucun changement ne pourra se faire, découragement à continuer), un effectif insuffisant face à une organisation de travail intenable, une "rigidité" qui ne permet pas à l'agent de changer rapidement de poste s'il le demande (hormis pour raison de santé), une mise systématique sur un poste de "pool" (ce fonctionnement amène les agents à se forcer à continuer dans leurs postes avec une conséquence certaine sur leur mental et/ou leur physique), un conflit au travail et un isolement qui s'installe au quotidien (RPS).

CONCLUSION : une augmentation du taux d'absentéisme est une alerte et une augmentation des arrêts de courte durée peut-être le signe d'une dégradation des conditions de travail.

L'absentéisme a un coût certain pour l'établissement mais surtout un coût sur les conditions de travail des agents et donc sur leur santé.

5. EVALUATION DES RISQUES PROFESSIONNELS : Il y a une obligation de prévention

- Obligation pour l'employeur : Art.R4121-2 : mise à jour du Document Unique d'Evaluation des Risques Professionnels (DUERP) une fois par an ou en cas de décisions modifiant les conditions de travail et/ou de sécurité

- Obligation de l'implication du Médecin du travail en cas de projet important modifiant les conditions de travail (Art.R4623-1)"le médecin du travail est le conseiller de l'employeur, des travailleurs, des représentants du personnel et des services sociaux en ce qui concerne notamment : l'amélioration des conditions de vie au travail dans l'entreprise, l'adaptation des postes, des techniques et des rythmes de travail à la physiologie humaine"

- Art.L2122-38 : "le médecin du travail est consulté avant toute décision importante relative à la mise en place ou à la modification de l'organisation du travail de nuit"

- Art.L4121-1 : mise en place des moyens et organisations adaptés et tendre à améliorer les situations existantes

- Art.L4121-2 : principes généraux de prévention : éviter les risques, combattre les risques à la source, adapter le travail à l'homme

CONCLUSION GENERALE :

Le travail change, les exigences des métiers aussi et nous devons travailler plus longtemps : nous devons veiller à nos conditions de travail et au respect de la règlementation mais aussi et surtout, réfléchir collectivement pour proposer des idées et des solutions.

A bientôt !

Le bureau CGT

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